République
-->Un article de Wikipedia.y-project.com.
Sommaire |
[modifier] Républiques modernes
Une république est une forme de gouvernement dans lequel le chef de l'État n'est pas un monarque (ce terme désigne également un état ainsi gouverné). Ce mot provient du latin res publica, la « chose publique », et suggère le contrôle de l'État par l'ensemble de la population. Cependant, la république n'en est pas pour autant forcément démocratique. Un gouvernement de forme républicaine peut impliquer une démocratie limitée, où de tels droits ne sont réservés qu'à un groupe restreint. Dans de tels cas, une république peut être dictatoriale ou totalitaire. Le concept est également assez large pour inclure les démocraties représentatives.
L'histoire de la république remonte aussi loin que l'ancienne Akkad. La république antique la mieux connue est la République romaine, qui dura de -509 à -44. Dans la république romaine, les principes d'annualité (exercice du pouvoir pour un mandat d'une seule année) et de collégialité (exercice du pouvoir par au moins deux hommes en même temps) étaient couramment observés.
A notre époque, le pouvoir exécutif s'incarne généralement dans une seule personne, le président, mais quelques exceptions sont constatables comme en Suisse, qui possède un conseil de sept membres à sa tête (appelé le Bundesrat ou Conseil Fédéral) et Saint-Marin, où deux personnes se partagent le pouvoir.
Rien ne permet de dire qu'entre monarchie et république l'un soit nécessairement plus démocratique que l'autre, car les pouvoirs du chef de l'État (qu'il soit monarque ou président) peuvent n'être que purement cérémoniaux - bien que l'élection d'un chef d'État au sein de systèmes démocratiques soit généralement considérée plus démocratique que le droit monarchique. Les monarques règnent généralement à vie et sont remplacés à leur mort par un parent, soit déterminé par eux soit par des règles préétablies. Beaucoup de monarchies constitutionnelles actuelles sont tout à fait démocratiques, comprenant un parlement élu par le peuple. Les présidents de républiques, au contraire, sont généralement élus pour un mandat limité - de même que leurs successeurs. De nos jours, de nombreuses républiques non-démocratiques se disent démocratiques, et nonobstant le contrôle des résultats électoraux maintiennent le rituel d'élire régulièrement leur chef d'État ; dans ces États, de nombreux chefs d'États abandonnent leurs fonctions (par démission ou retraite anticipée) ou y sont forcés (par des moyens constitutionnels) par d'autre membres de l'élite dominante. Il y a cependant des exceptions - chaque nouvel empereur du Saint Empire romain, par exemple, était élu par les principaux princes de l'Empire, bien qu'à travers les siècles la coutume évolua jusqu'à nommer à cette charge les membres successifs d'une même famille.
Les républiques soviétiques étaient des états membres qui devaient réunir trois critères pour être ainsi nommées, 1) être à la périphérie de l'Union Soviétique pour pouvoir profiter de leur droit théorique à faire sécession, 2) être économiquement capable d'assurer l'autarcie après la sécession, et 3) être nommée d'après le groupe ethnique d'au moins un million de personnes qui constituera la majorité de ladite république. Ces républiques furent originellement crées par Staline - et certaines continuent d'être créées encore aujourd'hui.
Les États des États-Unis se doivent d'être de forme républicaine (tout comme le gouvernement fédéral), le peuple étant le réel détenteur de l'autorité. Une condition requise pour des États qui sont censés créer et renforcer la plupart des lois domestiques, exception faite pour les zones déléguées au gouvernement fédéral. Les pères fondateurs du pays attendaient une gestion par les États de la majorité des lois domestiques, même si avec le temps l'influence du gouvernement fédéral sur celles-ci s'est peu à peu renforcée. L'obligation d'une forme républicaine était également une façon de protéger les droits des citoyens et d'éviter qu'un État ne sombre dans la dictature ou dans la monarchie.
En France, la 1ère république fut proclamée en 1793. Aujourd'hui, C'est la Vème république qui régit les institutions françaises.
[modifier] La république dans les textes classiques et de la Renaissance
Le mot république nous vient du latin res publica, le nom donné par les romains à leur constitution compliquée après leur expulsion des rois Tarquiniens. Le mot grec qu'il traduisait, pour la plupart, est politeia, qui veut dire, la marche des affaires publiques dans un polis ou ville-état. Trois textes classiques ont transmis les sens multiples de ces deux termes aux modernes : La république (Politeia) de Platon, Le politique (Politike) d'Aristote, et De la république (De re publica) de Cicéron. Pour les médiévaux, le livre de Cicéron était reçu en forme de citations de Saint Augustin, la plupart dans La Cité de Dieu (Civitas dei). Ils n'avaient Aristote qu'en latin, traduit de l'arabe, traduit du grec; et Platon qu'en fragments, les deux pleins de termes confusément définis. L'expérience historique des médiévaux était d'un Rome qu'on peut appeler post-républicain, un empire idéal, universel, et monarchique. Donc les Jean de Salisbury, les Thomas d'Aquin ont eu une tendance à définir res publica comme un état réglé, surtout monarchique. Ils écrivaient couramment, par exemple, de la Res Publica Christiana sous la papauté. Au contraire, dans les villes, émergeantes après le 12e siècle, on se souvenait mieux des formes de gouvernement de l'ancienne Res publica Romana, et là renait, vers 1300, la définition de république comme un état sans roi—n'importe qu'il soit aristocratique ou démocratique.
Le sens médiéval survivait, notamment dans le livre bilingue de Jean Bodin, Six livres de la République (1576), un soutien des politiques pendant les guerres civiles de calvinistes et catholiques, et des absolutistes plus tard; mais la définition urbaine et humaniste d'un état libre (free-state, stato libero), état populaire, ou état sans roi s'étant trouvé dans Bartolus de Saxoferrato (De regimine civitatis, Perugia, vers 1350), Coluccio Salutati (De tyranno, Florence, 1400) et Leonardo Bruni (Laudatio fiorentinae urbis, 1403-04), apparut chez Machiavel au milieu de son Discours sur Tite-Live ("Discours" no. 16-18, 1513?), gagna deux grands états, les États-Unis des Pays-Bas (1581) et le Commonwealth de l'Angleterre (1649), convainca Hume et Montesquieu vers 1750, révolutionna les états anglais de l'Amérique du Nord, et triompha partout dans l'Europe après 1792.
[modifier] Exemples
Actuellement, les républiques sont très nombreuses au niveau mondial. Une forme de gouvernement républicaine peut être combinée avec de très nombreux systèmes économiques et démocratiques différents. Quelques exemples pour illustrer différents modèles républicains :
- Les États-Unis, l'Allemagne sont des républiques fédérales gouvernées par une démocratie représentative
- La Suisse est une fédération d'états (cantons) gouvernée par une combinaison entre démocratie directe et représentativité.
- La Russie est une fédération de républiques semi-autonomes (États) et de provinces directement dirigées.
- L'Iran est une république théocratique.
- Quelques républiques historiques :
- Sparte (fin du VIIe siècle av. J.-C., -146)
- Athènes (début du VIe siècle av. J.-C., milieu du IVe siècle av. J.-C.)
- La République romaine (-509--44)
- Carthage (-308, -146)
- La République de Venise (IXe siècle, 1797)
- La République française (1792-1804)
- La République du Texas (1836-1845)
- Le Commonwealth (1649-1660)
- Les Provinces-Unies (1581-1795)
- L'Union Soviétique (1917-1991) qui était une république fédérale
Notons que bien que l'on considéra Sparte comme une république, la monarchie jouait toutefois un rôle dans leur gouvernement ; et alors qu'on considérerait aujourd'hui Athènes comme étant une république, elle était décrite dans les temps Classiques comme une démocratie. En Grec, la distinction entre démocratie et république n'existe pas (le mot république étant, comme on l'a dit plus haut, d'origine romaine). Les anciens auteurs grecs décrivaient les régimes non-monarchiques comme oligarchies (s’ils étaient dirigées par un groupe réduit de citoyens), tyranies (dirigés par une personne qui s'était emparée du pouvoir par un coup d'État) ou démocraties (si le droit de vote et celui d'être élu était donné à un grand nombre de citoyens, les classes les plus basses inclues).
[modifier] Bibliographie
- L'idée de République et la jurisprudence du Conseil constitutionnel / Frédéric Monera - Paris : L.G.D.J., 2004;
- La fin des rois: Histoire des républiques et des républicains / William R. Everdell - Paris : Éd. Publisud, 1987;

